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Pourquoi supportons-nous mal une chaleur proche de notre propre température ?


Notre corps a une température moyenne de 37 °C, et pourtant, dès qu’il fait plus de 30°C, nous avons parfois du mal à le supporter. Pour quelle raison ? C’est la question de la semaine de Sciences et Avenir.

Avec les fortes chaleurs de mi-juillet 2017, normal que cette question nous traverse l’esprit. “Pourquoi avons-nous du mal à supporter une température extérieure au-delà de 30°C alors que celle de notre corps est d’environ 37°?”, nous demande cette semaine notre lectrice Sarah Laurent Cédric sur la page Facebook de Sciences et Avenir. Merci pour toutes vos questions, vos discussions et votre curiosité.

Cette question en appelle une autre : pourquoi notre température corporelle tourne autour de 37 °C ? Il faut savoir que tous les êtres vivants ont besoin de réguler leur tempéra­ture interne en fonction des conditions climatiques ou de leur physiologie. Si les lézards et serpents utilisent le soleil pour se réchauffer et l’ombre ou l’eau pour se refroidir, le système des humains est plus complexe. Car contrairement à ces reptiles, notre température corporelle ne peut varier de 20 °C sans danger pour notre organisme ! Nous disposons donc d’une “chaufferie” perfectionnée, avec conservation de l’énergie et système de refroidissement, qui permet, la plupart du temps, de maintenir notre température corporelle quasi constante.

Des mécanismes pour éviter la “surchauffe”
“Notre corps produit de la chaleur continuellement, même quand on dort”, explique à Sciences et Avenir Bengt Kayser, professeur au département de physiologie de l’Université de Lausanne. En brûlant graisses et sucres indispensables pour leur survie, les cellules libèrent de l’énergie, dont un quart peut les faire fonctionner, et le reste part en chaleur. Lors de ces processus, de nombreuses réactions biologiques se succèdent. Or une température autour de 37 °C est idéale pour que ces réactions aient lieu dans de bonnes conditions : le rythme de croisière est alors ni trop élevé, ni trop faible. Une zone du cerveau, appelée hypothalamus, est en charge de maintenir cette “bonne” température corporelle.
“Afin d’éviter la ‘surchauffe’, il faut donc que le corps perde cette chaleur et cela se fait par différents mécanismes : par radiation (on est un corps chauffant, comme un radiateur), par convection (on chauffe l’air à la surface du corps et on expire de l’air chauffé), par conduction (on chauffe les objets plus froids que nous par le toucher) et quand ces moyens ne suffisent plus aussi par transpiration (on perd de la chaleur par évaporation).” D’ailleurs, à l’exception de l’évaporation, tous les autres mécanismes peuvent aussi transférer de la chaleur dans l’autre sens : l’hiver, on apprécie de se faire chauffer par radiation par un objet chaud comme un radiateur, un petit air chaud ou un bain, et il est agréable de s’asseoir sur le siège de sa voiture quand on provient de l’extérieur.

Supporter un air sec, plus facile que gérer un air humide
Mais en été, quand le mercure grimpe inexorablement et dépasse les 30°C, ces mécanismes de perdition de la chaleur sont moins efficaces, la chaleur que le corps produit ne peut pas être évacuée aussi facilement qu’habituellement, la température interne monte. Alors l’hypothalamus tente par tous les moyens de diminuer la température : par vasodilatation (plus de sang est amené vers la peau pour transporter la chaleur de l’intérieur du corps vers l’extérieur), par davantage de transpiration… À l’inverse, quand il fait froid, l’hypothalamus déclenche des frissons corporels (devenus peu efficaces chez l’homme en raison de sa faible pilosité) et augmente des réactions cellulaires appelées oxydations pour maintenir coûte que coûte la température de 37°C dans l’organisme.
Toutefois, Bengt Kayser nous rappelle qu’il est tout-à-fait possible de supporter des températures au-delà de 40°C, comme le font les Bédouins dans le désert du Sahara ou d’Arabie. “L’idéal étant d’être au repos, en restant à l’ombre, et si possible avec un petit air bien sec qui permet une bonne évaporation de la sueur sur la peau, et ainsi l’on arrive à dégager la chaleur produite par le corps”, explique le spécialiste.
Mais c’est plus difficile dans les tropiques où l’air est humide. “Dans ces conditions, l’évaporation ne se fait plus, l’on ne fait que ‘goûter’ de la sueur, ce qui ne refroidit en rien l’organisme) et on peut être mis en danger de ‘surchauffe’, surtout si l’on pratique une activité physique intense, ou si l’on souffre de problèmes cardiaques ou d’une déshydratation…” conclut le spécialiste. Enfin, sachez que la thermorégulation n’est pas égale d’un individu à l’autre : elle est notamment améliorée par une activité physique régulière.

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