// 01.10.2014 // 0 commentaire

Pharmaciens en grève : jour de colère pour un monopole menacé ( France )

L’immense majorité des pharmaciens est en grève ce mardi pour protester contre un projet de loi qui pourrait remettre en cause leur monopole – au profit des grandes surfaces – dans la délivrance des médicaments. Ils mettent en avant « l’éthique et la défense de la santé publique »Les raisons de cette colère en trois points :

Un récent rapport de l'Inspection générale des finances commandé par Pierre Moscovici, encore en poste à Bercy à l'époque, dénonce une situation de rente des professions réglementées.

Le rapport préconise des réformes ciblées qui pourraient faire baisser le prix des services concernés jusqu'à 20%, et augmenter le pouvoir d'achat des consommateurs.

Les pharmaciens, eux, n'y trouvent pas leur compte.

La vente de médicaments en grande surface

Une des mesures phare du projet de réforme, la vente de médicaments en grande surface, fait hurler les pharmaciens. Bercy envisage de permettre aux grandes surfaces de mettre en vente des médicaments sans ordonnance et non remboursables, les PMF (Prescription médicale facultative).

La fédération des pharmaciens d'officine (FSPF) est contre ce projet. Elle estime que seuls les professionnels sont à même de vendre ces médicaments et d'accompagner les consommateurs. Pour elle, les médicaments ne sont pas des produits de consommation comme les autres.

La libre installation des officines

L'Etat veut mettre fin à l'installation règlementée des pharmacies.Selon les lois en vigueur, les officines sont réparties sur le territoire selon le nombre d'habitants. En instaurant la libre installation des officines, les pharmaciens craignent la désertion de certains endroits, et l'émergence de "déserts médicaux", comme dans les zones rurales.

Ouverture du capital des sociétés libérales

Autre raison de la grogne des pharmaciens, l’ouverture du capital des sociétés d’exercice libérales (SEL) à des investisseurs, autres que les professionnels de la santé. Ces derniers craignent des pressions économiques de la part de ces investisseurs extérieurs avec une logique de rentabilité.

En France, plus de 7000 des 22.000 officines ont adopté le statut de SEL.

Qui conteste le projet de loi ?

Marisol Touraine, ministre de la Santé, s’est déclarée défavorable à la vente de médicaments en grandes surfaces. Tout en précisant : « Ce n'est pas un arbitrage. ». Elle doit discuter du sujet avec le ministre de l’Économie Emmanuel Macron. Pour le reste, peu de voix discordantes chez les professionnels. Les étudiants seront aussi dans la rue, ne voulant, pour reprendre les propos du professeur Luc Dubreuil, doyen de la faculté lilloise, « faire six années pour se retrouver chef de rayon dans une grande surface ».
– La pharmacie, un commerce comme un autre ?

Non, répondent les pharmaciens, même si on a tendance à y trouver un peu de tout (parapharmacie notamment) et même parfois un peu trop de publicités dans les vitrines, ce qui est a priori interdit. Dans la région, David Alapini promet ( il a été nommé cet été) de faire le ménage : « C’est un combat. On est en train de le mener. » Avec le souci, pourquoi pas, de mener d’autres actions de santé publique (informations, dépistages), ce qui est encore trop peu le cas en ce moment.



lien source:http://www.varmatin.com/var/les-raisons-de-la-colere-des-pharmaciens-en-greve-mardi.1869363.html;http://www.lavoixdunord.fr/france-monde/pharmaciens-en-greve-jour-de-colere-pour-un-monopole-menace-ia0b0n2407619

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