// 18.05.2017 // 0 commentaire

Les cotons-tiges envoient 34 enfants par jour à l'hôpital

Petits, mais dangereux : les cotons-tiges envoient chaque jour 34 enfants aux urgences. Quand Leo Gerstenzang les invente en 1923, en observant sa femme nettoyer les oreilles de leur bébé à l’aide d’un bout de coton et d'un cure-dent, cela n’était certainement pas son intention. Les risques du coton-tige sont aujourd'hui bien connus : outre des bouchons de cérumen, les petits instruments peuvent entrainer des infections du conduit auditif externe. Mais les accidents sont encore réguliers. Chez les enfants, les risques sont particulièrement importants, comme le montre cette nouvelle étude, parue le 1er mai 2017 dans le Journal of Pediatrics. 

Les moins de 8 ans les plus touchés

En utilisant une base de données répertoriant les blessures à un niveau national, une équipe de chercheurs de l'Ohio State University College of Medicine (Etats-Unis) a analysé les blessures causées par les cotons-tiges chez les moins de 18 ans. Ce sont 263 338 enfants qui ont été soignés pour ce type de traumatisme aux Etats-Unis entre 1990 et 2010, apprend-on. Soit une moyenne de 12 540 cas par an, ce qui représente environ 34 par jour. Les plus touchés sont les enfants de moins de 8 ans, qui représentent 67,4% des blessés. Viennent ensuite les 0 à 3 ans pour 40,2%. Le plus souvent, ces accidents arrivent lors du nettoyage des oreilles (73,2%) ou en jouant (9,2%), et lorsque le patient lui-même a utilisé le coton-tige (76,9%) ou un parent (15,8%). Les patients ont consulté car ils se plaignaient de sensation de corps étranger dans l’oreille à 39,2%, des saignements à 34,8% et des douleurs à 17,1%. 
s cotons-tiges font de nombreuses victimes parmi les enfants : environ 35 mineurs se présentent aux urgences chaque jour, à cause d'une blessure causée par un coton-tige, comme le révèle une étude. 

Répartition des diagnostics effectués par les médecins.

« Presque tous les patients avec des blessures aux oreilles dues aux cotons-tiges ont été soignés puis relâchés sur le champ, mais cela ne veut pas dire que certaines blessures n’étaient pas sérieuses », préviennent les chercheurs. En général, si le coton-tige est enlevé rapidement, il n’y a pas de complications. Mais sa présence prolongée dans l’oreille a été reliée à des complications intracrâniennes, telles que des abcès cérébraux ou des méningites. "Des lésions plus sévères peuvent survenir", prévient le service ORL de l'hôpital St Joseph Paris à Sciences et Avenir. "Des perforations du tympan peuvent nécessiter une intervention chirurgicale lorsqu'elles ne guérissent pas seules". Ou encore des traumatismes pouvant entraîner des conséquences fonctionnelles irréversibles, comme la perte de l'audition. 

C'est un plus grand débat que soulève cette découverte. Se laver les oreilles ? Une fausse bonne idée, selon les scientifiques. « Le grand public pense que l’oreille a besoin d’un nettoyage régulier, et que les cotons-tiges sont idéaux pour cela, mais il s’agit d’une idée reçue », expliquent-t-ils. « L'oreille est auto nettoyante, des petits cils situés sur le peau du conduit se chargent d'évacuer les débris épidermiques et le cerumen vers l'extérieur de l'oreille », détaillent les ORL de l'hôpital St Joseph Paris. 

En France

"Ce sont des incidents fréquents dans la pratique quotidienne en ORL", déclare le service ORL de l'hôpital St Joseph Paris, qui retrouve dans l'étude "une prévalence importante des accidents et motifs de consultation aux urgences équivalente à celle retrouvée dans notre pratique clinique". Mais les accidents dus au coton-tige devraient dramatiquement diminuer d'ici quelques années : la loi sur la biodiversité adoptée le 22 juillet 2016 programme en effet leur disparition pour 2020. Seuls seront autorisés les cotons-tiges recyclables. Une bonne nouvelle donc, à la fois pour l'environnement et pour les tympans des enfants. 
 



Source:www.sciencesetavenir.fr
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