// 17.10.2016 // 0 commentaire

Hygiène : on s'en lave les mains !

En cette neuvième édition de la Journée mondiale du lavage des mains, initiée par l'Unesco, le groupe international de produits d'hygiène SCA dévoile la première partie des résultats 2016 de son étude mondiale Hygiene Matters sur nos attitudes et habitudes en la matière. Un sujet important puisque l'hygiène des mains est un enjeu de santé publique, notamment dans la prévention des maladies. En effet, chaque jour, 1 400 enfants de moins de 5 ans meurent de maladies diarrhéiques causées par l'absence d'eau salubre, d'assainissement et de l'hygiène la plus élémentaire. Or le lavage des mains au savon constitue l'une des barrières les plus simples et les moins onéreuses contre l'infection.
Quel savon lave le mieux ?

Au-delà de l'enjeu de santé publique, cette étude révèle le rôle prépondérant de l'hygiène des mains dans la sensation de confort et dans la perception qu'ont les individus d'eux-mêmes en société. Ainsi, 78 % des Français affirment se sentir mal à l'aise lorsqu'ils ont les mains sales en public. Mais, comme le dit le proverbe, « on voit la paille dans l'œil de son voisin, mais pas la poutre dans le sien ». En effet, 87 % des personnes interrogées pensent que leur entourage manque d'hygiène en la matière, et 80 % jugent se laver suffisamment les mains ! Et si les femmes et les hommes sont convaincus d'avoir une hygiène quotidienne suffisante en la matière, en réalité les premières se lavent les mains à deux reprises de plus par jour que leurs compagnons (8,9 fois contre 7,1 fois par jour en moyenne en France). L'écart est encore plus important chez les jeunes en âge d'être scolarisés.
Reste une question : le savon contenant un agent antibactérien permet-il ou non de mieux éliminer les microbes qu'un savon « normal » ? On pourrait l'imaginer, mais la réponse est négative. Un article publié à la mi-août dans le Journal of Hospital Infection le prouve. Il relate les travaux de Min-Suk Rhee, de l'université de Corée à Séoul, et de ses collègues portant sur les savons qui contiennent 0,3 % de triclocarban, une molécule présente dans 84 % des savons antiseptiques aux États-Unis.
Les chercheurs ont recréé in vitro les conditions d'un lavage de mains : 20 souches de bactéries différentes ont été exposées pendant vingt secondes à des échantillons de savons, antibactériens ou non, à température ambiante ou chauffés à 40 °C. Résultat : il n'y avait pas de différence statistiquement significative dans l'effet bactéricide des deux types de savon, à l'exception d'une souche bactérienne (E. faecalis). Pour l'expliquer, les chercheurs supposent que l'exposition des bactéries au triclocarban est trop brève pour que ce produit soit efficace lors d'un lavage de mains. Mais, surtout, ils trouvent mille défauts à cet antiseptique : il pourrait contribuer à la résistance bactérienne, contenir des impuretés carcinogènes, être toxique de façon à perturber le système endocrinien et causer des allergies. C'est sans doute pour toutes ces raisons que les savons antibactériens sont désormais interdits aux États-Unis, comme l'a annoncé la FDA (Food and Drug Administration) début septembre. Les Français, eux, savent bien que rien ne vaut un bon savon de Marseille !

 



Source:www.lepoint.fr
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