// 27.02.2017 // 0 commentaire

Diversification : mise à jour des recommandations européennes

La diversification alimentaire est absolument indispensable pour répondre aux besoins nutritionnels et développementaux du nourrisson. Elle représente une étape importante de transition entre l’alimentation exclusive par du lait (maternel ou formule infantile) et une alimentation normale variée et diversifiée. Elle correspond à une période où le nourrisson se développe rapidement et où il est exposé à des déficiences comme à des excès.
Le manque de données scientifiques est à l’origine d’une grande variabilité des recommandations et des pratiques en la matière d’un pays à un autre. Le comité de nutrition de l’ESPGHAN vient de mettre à jour son « position paper » sur ce sujet, qui datait de 2008, notamment pour prendre en compte les nouvelles données publiées sur l’introduction des aliments allergéniques et du gluten. Leurs recommandations s’adressent principalement aux nourrissons en bonne santé en Europe.

L’âge
Concernant la période de début de la diversification, les experts préconisent l’allaitement maternel exclusif jusqu’à l’âge de 4 mois révolus et un allaitement maternel exclusif ou prédominant jusqu’à l’âge de 6 mois révolus. Les aliments liquides ou solides autres que le lait maternel ou les formules infantiles ne devraient être introduits ni avant l’âge de 4 mois, ni après l’âge de 6 mois.

Saveurs et textures
Les nourrissons doivent se voir proposer des aliments de saveurs et de textures variées, y compris les légumes verts ayant un goût amer, même si cela ne répond pas à leur appétence naturelle, tout en poursuivant l’allaitement maternel. Le lait de vache entier ne doit pas être consommé en tant que boisson principale avant l’âge de 12 mois. La consommation de grandes quantités de lait de vache est en effet associée à un apport excessif en énergie, protéines et graisses, et à l’inverse pauvre en fer. Or, un excès d’apports protéiques au cours de la diversification alimentaire pourrait accroître le risque ultérieur de surpoids et d’obésité, notamment chez les nourrissons prédisposés.

Aliments allergéniques
Les aliments allergéniques peuvent être introduits dès le début de la diversification alimentaire, après l’âge de 4 mois. Chez les nourrissons à haut risque d’allergie à l’arachide (eczéma sévère et/ou allergie à l’œuf), l’introduction de cet allergène doit se faire entre 4 et 11 mois, après avis d’un praticien expert dans le domaine.  Le gluten peut être introduit entre 4 et 12 mois, en évitant la consommation de grande quantité au cours des premières semaines après son introduction et plus tard dans l’enfance. Il n’y a pas de preuve d’un impact de l’allaitement ou du non allaitement sur le risque de maladie cœliaque. Les quantités optimales de gluten ne sont toutefois pas précisées dans les recommandations, qui s’appliquent de la même façon chez tous les bébés.

Quoi et comment ?
Tous les nourrissons doivent consommer des aliments riches en fer, y compris de la viande et/ou des aliments enrichis en fer.
Les aliments doivent être servis sans sel ni sucre ajouté et les jus de fruits comme les boissons avec sucres ajoutés doivent être évités.
Les régimes végétariens ne sont pas recommandés et ils ne peuvent le cas échéant être suivis qu’avec une supervision médicale ou diététique, les parents devant être informés des conséquences délétères du non respect des recommandations des supplémentations.

Des doigts à la cuillère, du biberon au verre
De façon globale, la texture et la consistance des aliments proposés doivent être adaptées à l’âge du nourrisson et à son développement, avec une évolution progressive vers la prise d’aliments avec les doigts puis à l’utilisation par l’enfant de la cuillère. Les aliments mixés doivent être remplacés progressivement par des textures plus grumeleuses et des morceaux, en abandonnant les purées au maximum vers 8-10 mois. À l’âge d’un an, un bébé doit boire dans une tasse ou un verre plutôt qu’au biberon. Les parents doivent être incités à répondre aux besoins de leur enfant en termes de faim et de satiété, et encouragés à ne pas leur donner de nourriture comme récompense ou réconfort.

Dr Isabelle Hoppenot

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Fewtrell M, Bronsky J, Campoy C et al. Complementary Feeding: A Position Paper by the
European Society for Paediatric Gastroenterology, Hepatology, and Nutrition (ESPGHAN) Committee on Nutrition. J Pediatr Gastroenterol Nutr. 2017;64(1):119-32.



Source:lequotidiendumedecin.fr
lien source:http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2017/02/19/diversification-mise-jour-des-recommandations-europeennes_844821?xtor=ES-15-%5Bbledina%5D-%5B20170225%5D#utm_source=emailing_pa_qdm&utm_campaign=bledina&utm_medium=email&utm_content=20170225

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